mardi 30 juin 2009

Séjour à Zagreb

Le 31-07-2008, séjour à Zagreb, capitale de la Croatie.

Il y a 2 jours je quittais le petit village de Dobova et mes nouveaux amis en direction de la grande ville Zagreb. Quinze kilomètres les séparent. Voici quelques photos prises sur le chemin.




La Croatie est un pays qui ne fait pas partie de la communauté européenne : ca ne pose pas de problèmes, pas besoin de visa. Les douaniers prennent deux minutes pour vérifier le passeport et me le rendent avec un sourire. Je pense à Alexie, une de mes filleules, c'est son anniversaire aujourd'hui. De Venise, je lui ai envoyé par la poste un masque de carnaval.

Assis sur un banc au milieu d'un parc, je mange un morceau de pain, un bout de fromage et un petit concombre... c'est l'heure du dîner. Des enfants de tout âge jouent tout autour. C'est en repartant que je discute avec un couple de missionnaires protestants venant des États-Unis d'Amérique. La conversation se dirige rapidement vers la religion. Ils m'expliquent qu'ils sont ici pour convertir les catholiques qui se sont "égarés", qui ne comprennent plus les écritures saintes. "Convertir", voici un mot qui ne me plaît pas; je ne les interromps pas, j'ai besoin d'un peu de temps pour m'adapter à cette façon de parler. Je leur demande s'il n'y a pas des protestants "égarés" à aider aux Etat-Unis. Ils ne contredisent pas : "Notre mission est ici, à aider ces personnes qui ont beaucoup souffert durant les récents conflits armés". Je ramasse le bâton de marche que j'avais laissé au pied du banc et je les quitte. Ils me souhaitent bonne route, je les remercie pour la discution. Je me sens léger.

"Ne plus juger ne plus comparer, soi-même autant que les autres, voici les deux premiers pas à réaliser lorsqu'on veut voyager léger."
Lorkan


Je passe la première nuit au bord d'un lac en banlieue après avoir croisé un doux regard qui m'indiqua l'existence de cet emplacement pour camper. Elle en profite pour m'inviter à passer prendre le petit déjeuner dans le bar snack où elle sert ― ce que je ne manquerai pas de faire. Je prends un peu de temps à trouver une place qui convienne. Vous savez, camper est un art si on fait les choses sérieusement. Il faut prendre en compte plusieurs paramètres : la tente doit être au soleil le matin pour sécher rapidement, l'inclinaison du sol doit être correctement choisie sinon on se réveille avec tout le sang dans la tête et plus une goûte dans les pieds... Je vous épargne la liste complète.

Zagreb est une ville charmante où je passe un bon moment. Je dors dans une petite auberge très bien entretenue. Je partage une chambre avec un jeune couple. J'y reste deux nuits. Repos, lessive, repas au restaurant et petites promenades dans les rues voilà mes occupations. Les touristes sont nombreux et l'ambiance est plutôt calme.






Demain, je repars...

mercredi 10 juin 2009

Ariba... Slovenia

...Ces craintes disparaissent rapidement, je suis bien trop fatigué. Je mange et je me couche...

Le 26-07-2008, Slovénie, le lendemain de la nuit passée dans la clairière entre Lipica et Lokev.

Je ne suis pas seul

Ce jour là, mis à part les jambes lourdes à cause de la longue marche de la veille, je me sens en bonne forme. Après un léger déjeuner, je remballe la maison en moins de 23 minutes — je suis habitué maintenant. Quelques minutes de marche suffiront pour faire complètement disparaître ces sensations désagréables dans les jambes. Sur le chemin, je croise un collègue...
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Je marche une bonne partie de la journée, je passe au près d'une grotte où beaucoup de touristes s'accumulent. Je ne fais que passer, je ne visite donc pas cette grotte.

Top gun

Un peu plus loin je rencontre des pilotes d'avion en plein exercice!
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Deux frères modélistes me proposent de me conduire à un hôtel proche de la route qui mène à Ljubljana, la capitale du pays. J'accepte car il commence à pleuvoir.

Mauvaise route

Le lendemain, rapidement une voiture s'arrête. Je ne comprends pas bien ce que le chauffeur dit. Je monte et je me retrouve à trois kilomètres dans la mauvaise direction. Je reconnais le lieu où il me dépose : c'est la grotte que je ne voulais pas visiter le jour précédent. Je décide donc d'y entrer et de voir ce qu'elle me réserve. C'est peut être pour une bonne raison que je suis revenu ici sans le vouloir — cette façon de voir les choses me permet de rester détendu. Une dizaine de jours plus tôt c'était mon anniversaire, cette visite sera mon cadeau. Agréable moment, je me laisse guider par le mouvement du groupe mené par une jeune femme qui nous donne les explications. Je constate que je traîne un peu plus que les autres. Je me sens bien jeune face à ces structures souterraines qui ont nécessité des millions d'années pour se former. Ces décors sont bien reposants et calmants.

Article sur wikipedia
Site web officiel

Encore une fois

Après le repas du midi, je retourne à pied à l'endroit où j'ai pris cette voiture qui m'a conduit dans la mauvaise direction. Trois petits kilomètres qui facilitent la digestion. A un péage, en moins de 20 minutes un couple hollandais/slovène m'accompagne jusqu'à Postojna où ils vont voir un spectacle médiévale. Nous discutons facilement en anglais; le risque de me faire mal comprendre est bien plus faible cette fois-ci. Ils me déposent à un nouveau péage où une nouvelle voiture s'arrêtera au bout d'une petite demi-heure. Je me réjouis de la facilité à faire du stop dans ce pays. A droite une carte pour situer la Slovénie en Europe et ci-dessous l'itinéraire que j'ai suivi grosso modo.



Ariba ariba

Cette fois-ci c'est une petite super cinq blanche — j'ai l'impression de retrouver ma première voiture. A l'intérieur je trouve Joseph qui connaît quelques mots d'anglais et de français aussi ainsi que son frère François qui lui parle uniquement slovène. Ils doivent avoir tous les deux autour de la quarantaine. Ils me font traverser tout le pays jusqu'à Dobova au bord de la frontière croate. Ils reviennent du festival médiévale de Postojna. Joseph est boulanger, son frère travaille au guichet de la gare ferroviaire. Joseph est très heureux de me connaître. Il chante dans une chorale à l'église. Avec cette chorale il est déjà allé chanter en France — il aime beaucoup ce pays; il me chante des chansons françaises.

Ils auraient voulu m'héberger mais ils vivent avec leur mère — leur père est décédé il y a longtemps. Elle serait inquiète de dormir avec un inconnu dans la maison. Nous cherchons alors une chambre pour moi. Nous allons d'abord dans un hôtel mais il est fermé. Sur le parking nous rencontrons par hasard Barbara et Eliot. Barbara est la tante de Joseph et François. Elle est slovène d'origine. Alors qu'elle était étudiante, Elle a rencontré Eliot un italien, ils sont tombés amoureux, se sont mariés et ont vécu un peu en Angleterre et depuis en Italie. Ils étaient tous les deux professeur d'anglais; ils sont maintenant à la retraite. Depuis, ils vivent entre Rome et Dobova, le village où Barbara est née. Eliot retape la maison où sa femme a passé son enfance. Il y a trés longtemps, il lui avait promis de racheter et réparer cette maison. Durant l'influence Russe et le régime totalitaire de la période communiste de la Slovénie, sa maison avait été prise par les autorités de l'époque car son père était un opposant à ce régime. Je crois qu'il a été déporté. Ils ne m'ont pas raconté cela sur le parking; c'est durant les deux jours que j'ai passé avec eux que j'ai appris tout cela. Sur ce parking d'hôtel qui n'avait pas de chambre libre, Joseph a expliqué avec beaucoup de passion ma situation à Barbara et Eliot. Je ne me souviens pas leur avoir dit grand chose mis à part bonjour avant que Barbara propose à son mari de m'héberger dans la nouvelle chambre dont ils venaient de terminer l'aménagement. Je me rappelle juste d'un échange de regard. Alors voilà comment je me suis retrouvé à passer deux jours dans une petite maison de campagne dorloté et chouchouté par ces nouveaux amis qui prenaient soin de moi comme leur propre enfant.Je les quitte en leur promettant de rester prudent et de leur écrire une carte postale des Indes — ce que je n'ai pas manqué de faire. Encore une fois, je ressens cette sensation de tristesse devenue familière et finalement plus vraiment désagréable. Je les embrasse et me lance à pied sur la route vers la frontière avec la Croatie et le poste de douane que l'on a repéré en vélo avec Eliot le jour précédent.


"Je réalise en Slovénie que l'euro, la monnaie, est pour moi un symbole. L'euro représente la disparition des frontières qui séparaient les hommes qui vivent maintenant dans la communauté européenne."


"Connaître le caractère irréel du passé et permettre au présent d'être tel qu'il est."
Eckhart Tolle

lundi 1 juin 2009

Engagement


Me voilà de retour en Bretagne depuis quelques jours.

J'ai pris la décision de continuer à vous raconter ici ce que j'ai vécu durant ce voyage. Je m'engage donc à écrire au moins un article tous les 15 jours.


Les mots de Lorkan - engagement

J'ai longtemps cru qu'un engagement était une décision irrévocable. Je pensais que rien ne pouvait justifier qu'on le rompt. Pour cette raison je ne prenais pas d'engagement. Efficace et radical.

Un beau jour, en Syrie, j'ai rencontré Mirna à Mar Moussa. Elle m'a fait voir les choses autrement.

"L'engagement est une aide pour se motiver à tenir une décision que l'on a prise. Un engagement est un moyen pour nous donner de la force et du courage."


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mercredi 29 avril 2009

Lorkan l'explorateur

Pokhara, NEPAL


Vous avez aimé l'histoire de Bonnie and Clain? Ça vous a plu vous en demandez encore? Alors voici l'histoire de Lorkan!


Je vous avais promis de vous dire qui est Lorkan depuis un bon moment maintenant – depuis la création de ce blog exactement. Ça ne méritait peut être pas de vous faire attendre aussi longtemps, j'espère ne pas vous décevoir. Mais comme me dit un ami britannique : "C’est bien frustrant pour nous de te suivre de façon retardé, mais tu as raison de ne pas passer tout ton temps là-dessus, et d’écrire seulement quand tu sens inspiré.".

Alors voilà, cela a commencé au cours de l'année 2000 si je me souviens bien. Lorkan est un personnage de jeu de rôle, un simple personnage imaginaire – c'est ce que j'ai d'abord cru. Je ne devrait pas utiliser le mot "simple" lorsque je parle d'imagination car l'imagination est plus complexe que l'on croît. A cette époque je ne savais pas que l'imagination seul peut rendre heureux ou malheureux.

Connaissez-vous les jeux de rôles? Si oui, vous pouvez passer au paragraphe suivant – je connais quelques adeptes parmi les lecteurs de ce blog. Un jeu de rôle rassemble deux ou trois joueurs jusqu'à plusieurs centaines voire des milliers. Le guide du jeu dirige la partie; il assure que les règles sont respectées. Il déroule les actions des personnages et les événements de l'histoire. Chaque joueur a un personnage qu'il va faire évoluer dans ce monde imaginaire. On commence donc par créer les personnages en définissant des caractéristiques, des compétences et un équipement. Le joueur peut choisir une partie de ces paramètres, l'autre partie est tiré au sort – avec des dés par exemple. Et voilà, la partie peut commencer.
Pour plus d'information vous pouvez visiter l'article de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_r%C3%B4le

Les premiers jeux de rôle auxquels j'ai participé se jouaient entre ami dans une chambre d'étudiant à Lannion – ville où j'ai passé deux ans à étudier l'informatique et la création de logiciels. C'était pour moi – pour mes amis aussi je crois – un palliatif pour satisfaire un besoin de faire autre chose que de rester enfermé dans une salle de classe toute la journée. Nous n'en avions pas bien conscience. Je n'avais pas le courage de faire ce que j'avais vraiment envie, je ne n'avais pas le courage de faire différemment des autres, de faire différemment de ce qui était la norme. Je n'en n'avais pas encore conscience car une trop grande peur de l'avenir me cachait tout cela.

Le jeu de rôle où Lorkan est né se nomme Cyborn dont le monde était de type médiévale fantastique – un peu comme le seigneur des anneaux de Tolkien. Ce jeu se jouait en ligne sur Internet. Je pense qu'il n'existe plus aujourd'hui. Lorsque j'ai créé Lorkan, j'ai décidé qu'il serait humain – d'autres races étaient disponibles tel que les hobbits, les elfes, les nains et les acmens. Un peu plus d'une centaine de personnes y participaient.

Au début Lorkan est resté dans les villes. J'ai voulu lui trouver un travail pour pouvoir acheter un super équipement : une belle épée, un beau casque magique... pour avoir le personnage le plus fort comme tout le monde. Je ne lui avais donné aucune compétence qui permettait de travailler dans un atelier ou un commerce, il s'est donc retrouvé garde. Au file du temps je décidait des missions auxquelles Lorkan participait. Au début je voulais le laisser en ville mais rapidement je me suis senti attiré par les missions d'exploration de ce monde imaginaire. Il n'est donc pas devenu le plus fort des personnages de ce jeu mais il est devenu ce que je desirais vraiment... un voyageur qui explore le monde.

J'ai joué à ce jeu durant 4 ou 5 ans, par la suite je me surprenais régulièrement à repenser à ce jeu, aux différentes missions d'explorations en forêt, en montagne à travers les mers, à la rencontre des villageois ou de créatures bien étranges en compagnie d'autres joueurs – les guides avaient une imagination très fructueuse. Puis j'y ai progressivement pensé de moins en moins, jusqu'à ne plus y penser du tout...

Jusqu'au jour où je cherchais un nom pour ce blog, quelques jours avant le départ. Je cherchais un titre depuis deux jours déjà, aucun ne me satisfaisait vraiment. J'étaie seul dans la maison d'Ingrid et Laurent – les amis qui m'ont hébergés juste avant de partir. Cette maison se trouve dans un village à la campagne, c'était le début de l'après-midi, j'écoutais les oiseaux siffler depuis... depuis je ne sais pas combien de temps. J'étais bien calme, je ne pensais plus vraiment, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu le tronc d'un vieille arbre qui m'a fait repenser à Lorkan l'explorateur. Je me suis senti triste, mélancolique, l'envie de pleurer est venu alors j´ai laissé les larmes couler... c'était bon, c'était si bon – comment ai-je pu m'interdire de pleurer si longtemps? Puis le vide, j'avais compris que durant toutes ces années je n'avais pas fait ce que je voulais faire, ce que je devais faire : explorer, découvrir, vivre ma vie! La seul chose qui m'en empêché était la peur. Lorkan n'est donc rien d'autre que moi sans les peurs.


(fr)"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

(en) I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain.

Dune - Franck Herbert

mercredi 8 avril 2009

Mais où est-elle?

Uttarkashir, Uttarakhand, INDES


Le 25-07-2008, quelque part entre l'Italie et la Slovénie...

Le guide linguistique dans la poche, la carte de randonnée à la main, je quitte Trieste d'un bon pied. La frontière n'est pas bien loin, de l'autre côté de la colline qui borde la ville. Je marche quelques heures à travers une forêt peu dense. Je passe la frontière sans m'en rendre compte – depuis l'adhésion à l'union européenne, les postes de douanes sont fermés. Je réalise plus tard que la toute petite maison que j'avais repérée comme un abri potentiel pour la nuit était en fait l'ancien poste de douane.

Lors d'une halte dans un café-bar du petit village de Trebiciano, un couple d'anciens globe-trotteurs nostalgiques engage la conversation. "Trotteurs" est un mot qui ne me plaît pas; trotter ça va bien trop vite. Dans le même bar, je discute avec deux slovènes, peintres en bâtiment qui parlent et comprennent très bien l'anglais. Ils partent en payant mon verre sans me le dire.

Ce jour là, je marche plus de 35 kilomètres. Je suis d'abord motivé par la traversé de cette frontière – chaque entrée dans un nouveau pays est une grande satisfaction. J'arrive en fin d'après-midi, un peu par hasard, au golf de Lipica. Je discute avec un ancien et une réceptionniste qui sont encore une fois bien étonnés par ce projet. Ils me donnent de l'eau. Il n'est malheureusement pas autorisé de camper sur les terrains du golf. Je fais de nombreuses rencontre dans les villages. Il faut rester prudent concernant leurs indications; elles ne sont pas toujours pertinentes. Ils n'indiquent pas toujours le chemin le plus court et le plus agréable. Ils ont tendance à oublier que je n'ai pas de voiture et que je me déplace à pied. Suivant ces indications, je fais donc des détours sans le vouloir. J'avais repéré une grotte sur la carte, j'espérais pouvoir y passer la nuit. La nuit s'annonçait, je décide de prendre un raccourci et je me perds dans une carrière de pierres; je suis contraint de faire demi-tour.

Je finis tout de même par arriver a cette grotte. Une mauvaise surprise m'y attendait, sur le grand panneau a l'entrée du site touristique, il est indiqué qu'il est formellement interdit de camper. La pelouse est si verte et ces arbres si jolis, je ne de rangerai personne et je me lèverai tôt demain; personne ne saura que j'ai campé ici. Malheureusement un couple pic-nique là et me confirme que je ne peux passer la nuit ici. De plus il y a une maison juste à côté. Je donc fais demi-tour.
Je ne suis pas trop déçu car à moins de 500 mètres de là j'avais repéré une petite clairière au bord de la route. Je ne suis pas bien rassuré au début, il fait nuit, des chauves-souris volent bas, j'entends une chouette et des bruits derrière les talus. Je plante la tante au milieu de la clairière juste derrière un bosquet qui permet de ne pas être vu de la route et de rester à distance des talus.. Je fais tout de même un rapide tour du terrain – je suis là pour mieux me connaître; observer les peurs en fait partie. Ces craintes disparaissent rapidement, je suis bien trop fatigué. Je mange et je me couche...


"Lorsque je suis fatigué de marcher, je vole."
Lorkan

vendredi 13 mars 2009

Le pirate de la Dune Verte

Athithi Ashram, Tiruvannamalai, TamilNadu, INDES


23-07-2008
Dune Verte

Alexandro, c'est comme cela qu'on l'appelle. C'est un pirate, le plus terrible de la méditerranéenne. Oui je vous l'assure. Vous connaissez "Le Pirate Des Caraïbes", le film? Alors vous connaissez le capitain Jack Sparrow! Et bien, c'est lui. Il tient un fast-food à l'entrée d'un camping. Quoi? Qu'est-ce que fait un pirate dans un camping? Vous en avez des questions. J'ais pas moi. J'lui ai pas demandé; je ne voulais pas attirer les ennuis. De toute façon c'est lui qui posait les questions pas moi.

J'avais marché toute la matinée sous un soleil de plomb, la faim me tiraillée les entrailles, je n'avais pas mangé depuis... des heures – 3 ou 4. Le vent chaud de l'est soufflait continuellement et calmement, le calme avant la tempête; un signe qui ne trompe pas un vieux baroudeur comme moi qui connaît mieux tous les chemins de randonné des cinq continents que les plate-bandes de son jardin. Je m'attendais au pire. Le soleil était aux zénith. La chaleur commençait à m'embrouiller. Il était temps de trouver une auberge. Je n'avais plus les idées claires...

Quoi? Elles ne sont encore pas claires. Je me disais juste que je pourrais peut-être écrire des romans d'aventures. Bon d'accord j'arrête.

Je marchais donc depuis quelques heures lorsque je tombe sur le snack-bar d'un camping. Le mec qui tient ce lieu, Alexandro discute tout de suite avec intérêt. Il me demande d'où je viens, où je vais. Je remarque qu'il ne me demande pas pourquoi je le fais. Il avait des voyages plein les yeux. Il ne semblait rêver que de cela. Il me parle de ses projets, des pays qu'il veut visiter avec sa copine. Elle se trouve justement là, il me la présente. Il me prépare un truc à manger, le meilleur truc du snack pour reprendre des forces. Il me fait un prix. Il me donna également deux pommes et deux bananes.

En réglant l'addition, il me dit que la réceptionniste du camping a entendu notre conversation, qu'elle va à Trieste le lendemain. Si je suis intéressé, je peux aller la voir à la réception. Je m'y rends donc et je tombe sur Anna, une jolie brune aux cheveux courts, aux yeux couleur noisette et la peau brune – je vais apprendre plus tard que son copain est sicilien. Elle parle très bien le français, elle a appris le métier de traducteur. Je n'avais pas parlé français depuis un long moment; cela me fait du bien.

La nuit se passe donc dans ce camping chic pour "allemands"; je n'y ai rencontré que des allemands. Avec la petite toile de tente, je suis l'attraction de la soirée. Les enfants passent et repassent. Je me réjouie de les voir si curieux et surpris. Ils n´osent pas me parler.

Nous partons tôt le matin. Nous parlons tout au long du trajet. Elle me rappelle Maria, une amie Libanaise. Elle vient d'avoir son permis de conduire; elle conduit correctement. En arrivant à Trieste, nous cherchons une place de parking un long moment; malgré cela, elle ne change pas d'humeur. Elle passe un coup de file à quelqu'un avant que l'on se sépare devant son appartement.



Je prends un jour de repos. J'en profite repos pour envoyer un colis pour l'anniversaire d'Alexie, ma filleule. Le jour suivant, je prends la direction de la Slovénie. J'ai trouvé une carte de randonnées à l'office de tourisme. Des chemins pédestres traversent la frontière slovène.




"Découvrez qui vous êtes et tous les autres problèmes se résoudrons d'eux-mêmes."
Ramana Maharshi

dimanche 1 mars 2009

Un pélerin à la plage...

Tiruvannamalai, Tamil Nadu, INDES

Je me retrouve donc là où je ne l'avais prévu : je marche au milieu d'une zone touristique côtières de plusieurs dizaines de kilomètres entre Venise et Trieste. Cela ne me dérange pas vraiment, je trouve des supérettes à tous coins de rue. Je me déplace de camping en camping, en ne trouvant pas toujours de la place du premier coup. Au milieu de ces touristes, je me sens un peu comme un extraterrestre. Voici à quoi je ressemble en arrivant dans cette région. Comme vous le constatez, j'ai changé de couvre-chef car je ne retrouve plus la casquette du désert, je l'ai certainement laissé dans le train entre Milan et Venise. Ne voulant pas acheter de nouveau chapeau, j'ai trouvé ce tissu blanc au fond du sac-à-dos. J'ai souvent pensé m'en séparer depuis le départ. Il fait très bien l'affaire, il est même plus flexible que tout ce que j'aurais pu trouver ici. Il peut faire casquette avec protection pour le cou, en un clin d'oeil il se transforme pour protéger les oreilles – voire une seule oreille. Il peut aussi être simple casquette ou bandeau avec système de ventilation par le dessus. En ajoutant le bâton de pèlerin que j'ai trouvé dans le grenier à Bordo, je dépareille de la mode vestimentaire locale.

Je passe plusieurs jours à longer la Mer Adriatique. Je profite des nombreux couchés de soleils, du ciel étoilé, de cet ambiance de vacance décontracté et de quelques rencontres surprenantes – bien qu'elles ne me surprennent plus autant – comme par exemple la rencontre furtive et très intense avec un vielle homme à vélo. Cela s'est passé en fin d'après-midi, j'avançais l'esprit détendu – je venais de faire une sieste – lorsque cette homme s'arrête à mon niveau et commence à me parler, je ne comprendre pas les mots qui sortent de sa bouche et qui arrivent jusqu'à mes oreilles. Je réponds tout de même, en imaginant les questions. Il ne doit pas non plus comprendre mes réponses. Mais malgré tout nous continuons sans aucune gêne et avec une grande joie. Il semble si heureux et enthousiaste de m'avoir rencontré. Il fait de grands gestes en me racontant pleins de trucs qui semblent merveilleux. Après quelques minutes, il rechevauche son vélo pour disparaître tout comme il est arrivé. Après cette rencontre je me sens si heureux. Est-ce parce que je crois être responsable de la joie de cette homme ou parce qu'il m'a communiqué sa joie? Le fait est que nous sommes heureux.


"Hommes modestes, venez que je vous embrasse; vous faites la douceur et le charme de la vie. Vous croyez que vous n'avez rien, et, moi je vous dis que vous avez tout. Vous pensez que vous n'humiliez personne et vous humiliez tout le monde."
Montesquieu – Lettres Persanes